Calculateur de frais de succession 2026
Estimez les droits de succession à payer selon votre lien de parenté avec le défunt. Abattements personnels et barème progressif appliqués (CGI art. 777).
Voir le détail du barème progressif
| Tranche | Taux | Droits |
|---|---|---|
| 0 € - 8 072 € | 5 % | 404 € |
| 8 072 € - 12 109 € | 10 % | 404 € |
| 12 109 € - 15 932 € | 15 % | 573 € |
| 15 932 € - 552 324 € | 20 % | 16 814 € |
Calcul indicatif basé sur les barèmes en vigueur en 2026 (CGI art. 777). Hors frais de notaire (entre 1 et 4 % de l'actif successoral selon les actes). Abattements applicables aux résidents fiscaux français.
Tableau des abattements 2026
| Lien | Abattement | Barème |
|---|---|---|
| Conjoint / PACS | Exonération totale | — |
| Enfant | 100 000 € | 5 % à 45 % progressif |
| Petit-enfant | 31 865 € | 5 % à 45 % progressif |
| Frère / sœur | 15 932 € | 35 % puis 45 % |
| Neveu / nièce | 7 967 € | 55 % |
| Sans lien | 1 594 € | 60 % |
Comment se calculent les droits ?
Trois étapes :
- Calcul de l'actif successoral net : valeur de tous les biens du défunt − dettes − frais funéraires.
- Application des abattements : selon le lien de parenté avec chaque héritier (cumulables avec l'abattement handicap si applicable).
- Application du barème progressif sur la part taxable (= part nette − abattement).
Exemple : un enfant hérite de 200 000 €
C'est le cas par défaut du calculateur, refaisons-le à la main. Part nette reçue : 200 000 €. Abattement enfant : 100 000 €. Part taxable : 200 000 − 100 000 = 100 000 €. Le barème de l'article 777 du CGI s'applique ensuite tranche par tranche :
- De 0 à 8 072 € : 8 072 × 5 % = 403,60 €
- De 8 072 à 12 109 € : 4 037 × 10 % = 403,70 €
- De 12 109 à 15 932 € : 3 823 × 15 % = 573,45 €
- De 15 932 à 100 000 € : 84 068 × 20 % = 16 813,60 €
Total des droits : 403,60 + 403,70 + 573,45 + 16 813,60 = 18 194,35 €, soit 9,1 % du montant reçu. Net perçu : 200 000 − 18 194,35 = 181 805,65 €. Vous pouvez vérifier chaque ligne dans le détail du barème affiché par l'outil. À noter : la tranche à 20 % court jusqu'à 552 324 €, c'est elle qui absorbe l'essentiel des successions courantes. La tranche à 30 % ne démarre qu'au-delà, soit une part taxable que très peu d'héritages atteignent.
Les pièges à éviter
- Appliquer 20 % d'un bloc sur la part taxable. Sur les 100 000 € taxables de l'exemple, 20 % donnerait 20 000 €. Le vrai chiffre est 18 194,35 €, car les 15 932 premiers euros sont taxés à 5, 10 et 15 %. L'erreur inverse existe aussi : croire que « 45 % » s'applique à tout dès que la part est grosse, alors que ce taux ne touche que la fraction au-delà de 1 805 677 €.
- Saisir l'actif total de la succession au lieu de votre part. Le calcul se fait héritier par héritier, chacun avec son abattement et son barème. Une succession de 300 000 € partagée entre 3 enfants, c'est 3 parts de 100 000 € entièrement couvertes par les abattements : zéro droit. Saisie en un bloc, elle afficherait 38 194 € de droits qui n'existent pas.
- Oublier les donations de moins de 15 ans. Le rappel fiscal impute les donations antérieures sur l'abattement. Un enfant qui a reçu 100 000 € donnés il y a 8 ans a déjà consommé tout son abattement : la part successorale est taxée dès le premier euro, et le barème reprend dans les tranches déjà atteintes. Le calculateur suppose un abattement intact.
- Confondre concubin et conjoint. L'exonération totale vaut pour le mariage et le PACS uniquement. Un concubin, même après 30 ans de vie commune, relève de la ligne « autre » : 1 594 € d'abattement puis 60 %. Sur 200 000 € reçus, il paie (200 000 − 1 594) × 60 % = 119 043,60 €. Même régime pour un beau-fils ou une belle-fille non adoptés.
- Inclure l'assurance-vie dans le montant saisi. Les capitaux issus de versements effectués avant les 70 ans du défunt sont hors succession (abattement propre de 152 500 € par bénéficiaire, puis prélèvement de 20 %). Les additionner à la part successorale gonfle artificiellement les droits affichés.
Cas particuliers
Frères et sœurs : le barème mord vite. L'abattement n'est que de 15 932 € et le taux démarre à 35 %. Un frère qui reçoit 60 000 € : part taxable 44 068 €, soit 24 430 × 35 % = 8 550,50 € plus 19 638 × 45 % = 8 837,10 €, total 17 387,60 €. Presque 29 % du montant reçu, là où un enfant ne paierait rien. Seule échappatoire : l'exonération totale de l'article 796-0 ter du CGI pour le frère ou la sœur célibataire, veuf ou divorcé, âgé de plus de 50 ans ou infirme, qui vivait avec le défunt depuis au moins 5 ans (les 3 conditions sont cumulatives).
La représentation change tout. Un neveu qui hérite parce que son parent (frère ou sœur du défunt) est prédécédé ne relève pas du régime neveu à 7 967 € et 55 % : il se partage avec ses frères et sœurs l'abattement de 15 932 € de son parent et bénéficie du barème frère/sœur (35 puis 45 %), nettement moins confiscatoire. Même logique pour les petits-enfants, qui se partagent alors les 100 000 € du parent prédécédé. Le calculateur traite le cas de l'héritage direct : en représentation, ajustez l'abattement en conséquence.
Héritier handicapé. Les 159 325 € s'ajoutent à l'abattement du lien, quel qu'il soit. Cochez la case dans l'outil : un enfant handicapé recevant 250 000 € affiche zéro droit (259 325 € d'abattements cumulés), alors que sans la case, les droits ressortent à 28 194,35 €.
Stratégies pour réduire les droits
- Donations anticipées : utiliser les abattements tous les 15 ans (voir le calculateur de donation).
- Démembrement de propriété : transmettre la nue-propriété en gardant l'usufruit réduit la valeur taxable selon l'âge du donateur.
- Assurance-vie : versements avant 70 ans = 152 500 € d'abattement par bénéficiaire (hors succession).
- Pacte Dutreil : 75 % d'abattement sur la transmission d'une entreprise familiale, sous conditions d'engagement.
- Donation-partage : fige les valeurs au jour de la donation, évite les rapports à la succession.
Questions fréquentes
- Le conjoint paie-t-il des droits de succession ?
- Non. Depuis la loi TEPA de 2007, le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession, quel que soit le montant transmis. Le concubin, lui, paie 60 % comme un tiers sans lien.
- Quel est l'abattement pour les enfants en 2026 ?
- 100 000 € par enfant et par parent. Concrètement, un enfant peut hériter jusqu'à 200 000 € de ses deux parents (100 000 € de chaque) sans payer de droits, à condition que les transmissions soient bien réparties. Cet abattement se reconstitue tous les 15 ans en cas de donations antérieures.
- Comment calculer les droits sur 300 000 € pour un enfant unique ?
- Après abattement de 100 000 €, la part taxable est de 200 000 €. Le barème progressif s'applique : 5 % jusqu'à 8 072 €, 10 % de 8 072 à 12 109 €, 15 % de 12 109 à 15 932 €, 20 % de 15 932 à 552 324 €. Total des droits : environ 38 200 €.
- Quelles sont les exonérations possibles ?
- Outre le conjoint et le PACS : transmissions de bois et forêts (75 % d'abattement), parts de Pacte Dutreil (75 % sur l'entreprise familiale), monuments historiques sous conditions, dons aux fondations reconnues d'utilité publique, biens transmis par victimes d'attentat ou militaires morts pour la France.
- Quand faut-il payer les droits de succession ?
- Les droits sont dus dans les 6 mois suivant le décès (12 mois si le défunt est mort à l'étranger). Au-delà, intérêts de retard (0,2 % par mois) et majoration de 10 %. Possible de demander un paiement fractionné (sur 5 à 10 ans, selon les biens) ou différé pour la nue-propriété.
- Combien paie un héritier en situation de handicap ?
- L'abattement handicap de 159 325 € se cumule avec l'abattement du lien de parenté. Un enfant handicapé dispose donc de 100 000 + 159 325 = 259 325 € d'abattement : sur une part de 250 000 €, il ne paie rien. Un neveu handicapé cumule 7 967 + 159 325 = 167 292 €. Condition : une infirmité empêchant de travailler dans des conditions normales de rentabilité (certificat médical à l'appui).
- Un frère ou une sœur peut-il être totalement exonéré ?
- Oui, sous 3 conditions cumulatives (CGI art. 796-0 ter) : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps ; avoir plus de 50 ans ou être atteint d'une infirmité empêchant de travailler ; et avoir vécu constamment avec le défunt pendant les 5 années précédant le décès. Les trois conditions doivent être réunies, et c'est à l'héritier de le prouver. Sinon : abattement de 15 932 € puis 35 % et 45 %.
- Quel abattement pour un petit-enfant qui hérite à la place de son parent décédé ?
- En cas de représentation (le parent est décédé avant le grand-parent), les petits-enfants se partagent l'abattement de 100 000 € de leur parent prédécédé, et non 31 865 € chacun. Deux petits-enfants représentant leur père reçoivent donc 50 000 € d'abattement chacun. L'abattement de 31 865 € ne joue que lorsque le petit-enfant hérite directement, par testament par exemple.
Calculateurs liés
- Calculateur de donation
- Plus-value immobilière (héritage)
- Frais de notaire (acte de succession)
- Réserve héréditaire & quotité disponible
- Droit de partage (succession, indivision)
- Indemnité d'occupation (bien indivis)
Pour aller plus loin
Calcul indicatif basé sur les barèmes 2026 (CGI art. 777). Hors frais et émoluments du notaire (1 à 4 % de l'actif). Pour les transmissions complexes (entreprises, biens à l'étranger, démembrement), consultez un notaire.