Calculateur d'heures supplémentaires 2026
Calculez le brut, le net et la défiscalisation de vos heures supplémentaires. Majoration +25 % / +50 %, exonération cotisations salariales et IR jusqu'à 7 500 €/an.
De la 36e à la 43e heure dans la semaine (pour un 35h)
À partir de la 44e heure dans la semaine
Calcul pour une semaine standard (35 h). Heures supplémentaires défiscalisées dans la limite de 7 500 €/an (loi TEPA renforcée 2022). Cotisations salariales également exonérées dans cette limite. Conventions collectives plus favorables possibles.
Le mécanisme de majoration
Pour un salarié à 35h hebdomadaires, la loi prévoit deux paliers :
- De la 36e à la 43e heure : majoration de +25 % sur le taux horaire normal.
- À partir de la 44e heure : majoration de +50 %.
- Limite légale absolue : 48 h/semaine (et 44 h en moyenne sur 12 semaines consécutives).
Pour un salarié à 39h ou au forfait, les seuils diffèrent. Les conventions collectives peuvent prévoir des taux plus avantageux (BTP, métallurgie, restauration souvent à +30 % dès la 1re heure sup).
Le double avantage fiscal
Depuis la loi TEPA (renforcée 2022), les heures supplémentaires bénéficient de :
- Exonération de cotisations salariales à hauteur de 11,31 % du brut (sécu et retraite de base, hors CSG/CRDS).
- Exonération d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 €/an net (plafonnée depuis le PLF 2022).
Concrètement : 1 heure sup à 15 €/h × 1,25 = 18,75 € brut → environ 17,30 € net, qui ne paie pas l'IR (jusqu'au plafond annuel). Pour un salarié au taux marginal 30 %, cela représente un net 8 à 10 % supérieur à un salaire « normal » à brut équivalent.
Au-delà du plafond de 7 500 €
Si vous dépassez 7 500 € net d'heures sup dans l'année, le surplus est imposable au barème de l'IR. Les cotisations sociales restent toutefois exonérées (sauf CSG/CRDS). Il est rare d'atteindre ce plafond sauf en cas de très nombreuses heures sur l'année (>500 h sup), typiquement dans le BTP, la santé, ou l'industrie.
Exemple concret : 4 heures à +25 % et 2 heures à +50 %
Léa gagne 2 275 € brut par mois pour 35 h, soit un taux horaire de 2 275 ÷ 151,67 = 15,00 €/h. Une semaine chargée, elle travaille 45 h : 10 heures supplémentaires, réparties sur les deux paliers de majoration.
- Heures 36 à 43 (8 heures à +25 %) : 8 × 15 € × 1,25 = 150,00 € brut.
- Heures 44 et 45 (2 heures à +50 %) : 2 × 15 € × 1,50 = 45,00 € brut.
- Brut supplémentaire total : 150 + 45 = 195,00 €. Sans majoration, ces 10 heures auraient rapporté 150 € : le bonus de majoration pèse 45,00 €.
- Cotisations salariales exonérées : le calculateur retient un forfait de 11,5 % du brut, soit 195 × 0,115 = 22,43 € qui restent dans la poche au lieu de partir en retraite et sécu de base.
- Net supplémentaire : seules la CSG non déductible (2,4 %) et la CRDS (0,5 %) restent dues, soit 2,9 % : 195 × 0,029 = 5,66 €. Net supplémentaire : 195 − 5,66 = 189,34 €.
Vous pouvez reproduire ce résultat dans l'outil ci-dessus : taux 15 €, curseur +25 % sur 8, curseur +50 % sur 2 (l'affichage arrondit à l'euro : 195 € de brut, 22 € de cotisations exonérées, 189 € de net). Sur la fiche de paie réelle, le net peut être légèrement inférieur (la CSG déductible de 6,8 % est aussi prélevée sur une base de 98,25 % du brut) : le calculateur affiche le gain net de charges exonérées. Côté impôt : ces 195 € s'imputent sur le plafond annuel de 7 500 €. À ce rythme toutes les semaines, Léa atteindrait environ 195 × 47 semaines travaillées = 9 165 €, donc le dépasserait : l'alerte orange du calculateur se déclenche d'ailleurs dès que le brut hebdomadaire dépasse 625 € (7 500 ÷ 12).
Les pièges à éviter
- Lisser sur le mois. Le décompte se fait par semaine civile (du lundi 0 h au dimanche 24 h), sauf accord d'aménagement du temps de travail. 41 h une semaine puis 29 h la suivante, ce n'est pas « 35 h en moyenne » : les 6 heures de la première semaine sont dues, majorées.
- Confondre avec les heures complémentaires. À temps partiel, les heures au-delà du contrat sont des heures complémentaires : +10 % dans la limite de 1/10 de la durée contractuelle, +25 % au-delà, jamais +50 %. Et elles ne peuvent pas porter la durée au niveau de 35 h, sous peine de requalification en temps plein (service-public.fr, fiche F31920).
- Saisir un taux horaire tronqué. L'assiette de la majoration inclut le salaire de base et les primes liées à la nature du travail (prime de froid, de danger, de rendement), mais pas la prime d'ancienneté ni le 13e mois. Un taux calculé sur le seul salaire de base peut sous-estimer le dû.
- Ignorer le contingent de 220 h. Au-delà de 220 heures sup dans l'année (à défaut d'accord fixant un autre chiffre), l'employeur doit une contrepartie obligatoire en repos de 50 % ou 100 % selon l'effectif, en plus du paiement. Beaucoup de salariés du BTP ou de la logistique le franchissent sans que personne ne le suive.
- Croire que « exonéré d'IR » signifie invisible. Les heures sup défiscalisées restent déclarées (case 1GH) et comptent dans le revenu fiscal de référence, qui sert de base à certaines aides et exonérations locales. Le gain d'impôt est réel, mais le RFR monte.
Quand ce calcul ne s'applique pas
Le calculateur suppose un salarié en décompte horaire sur une base de 35 h. Plusieurs situations sortent de ce cadre :
- Contrat à 39 h : les heures de la 36e à la 39e sont des heures supplémentaires « structurelles », déjà intégrées et majorées dans le salaire mensuel. Elles consomment le plafond de 7 500 € toute l'année ; seules les heures au-delà de 39 h s'ajoutent (à +25 % jusqu'à la 43e, +50 % ensuite).
- Annualisation (modulation) : avec un accord d'aménagement sur l'année, le seuil de déclenchement devient 1 607 h annuelles, pas 35 h hebdomadaires. Une semaine à 42 h peut n'ouvrir aucune majoration si elle est compensée plus tard.
- Forfait jours et cadres dirigeants : pas de décompte horaire du tout. Le forfait jours compense en jours de repos ou monétise avec au moins +10 % (voir la FAQ) ; le cadre dirigeant, lui, n'a droit à aucune heure supplémentaire.
- Repos compensateur de remplacement : si l'accord d'entreprise convertit les heures sup en repos (1 h 15 de repos pour 1 h à +25 %), rien ne passe en paie : ni brut, ni exonération de cotisations, ni défiscalisation.
Questions fréquentes
- Quel est le taux de majoration des heures supplémentaires ?
- Loi : +25 % pour les 8 premières heures (de la 36e à la 43e dans une semaine de 35h), +50 % au-delà (à partir de la 44e). Les conventions collectives peuvent prévoir des taux plus élevés (parfois jusqu'à 100 % pour certaines branches comme la métallurgie, ou pour les heures de nuit / dimanche).
- Les heures supplémentaires sont-elles défiscalisées ?
- Oui depuis 2019, dans la limite de 7 500 € net par an et par salarié (loi TEPA renforcée par la loi de finances 2022). Au-delà de ce plafond, l'excédent devient imposable au barème de l'IR comme un salaire normal.
- Sont-elles exonérées de cotisations sociales ?
- Oui partiellement. Les cotisations salariales (vieillesse + sécu de base) sont exonérées dans la limite de 11,31 % du brut, soit l'équivalent de la part principale des charges salariales. Les cotisations patronales restent dues normalement.
- Le forfait jours change-t-il ces calculs ?
- Oui, totalement. Au forfait jours, on ne compte pas les heures mais les jours travaillés. Les heures « supplémentaires » au-delà du forfait sont compensées en jours de repos (RTT) ou monétisées avec une majoration d'au moins 10 %, qui peut être supérieure selon l'accord de branche.
- Comment compter une heure supplémentaire effectuée un dimanche ou jour férié ?
- Cumul possible avec d'autres majorations selon la convention collective : majoration heure sup (25 ou 50 %) + majoration dimanche (souvent 30 à 100 %) + majoration jour férié. Vérifiez votre convention. La défiscalisation IR reste plafonnée à 7 500 €/an quel que soit le total brut.
- Comment trouver mon taux horaire à partir de mon salaire mensuel ?
- Divisez votre salaire mensuel brut de base par 151,67 (la durée mensualisée d'un 35 h : 35 × 52 ÷ 12). Exemple : 2 300 € brut par mois ÷ 151,67 = 15,16 €/h. C'est ce taux, avant majoration, qu'il faut saisir dans le calculateur. Attention : primes d'ancienneté et 13e mois n'entrent pas dans ce taux de base.
- Existe-t-il une limite annuelle au nombre d'heures supplémentaires ?
- Oui, le contingent annuel : 220 heures par salarié et par an à défaut d'accord collectif (un accord peut fixer un autre volume). Au-delà, chaque heure ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos : 50 % de l'heure dans les entreprises de 20 salariés au plus, 100 % au-delà de 20 salariés, en plus du paiement majoré.
- Mon employeur peut-il remplacer le paiement par du repos ?
- Oui, si un accord collectif (ou une décision de l'employeur dans certaines conditions) prévoit un repos compensateur de remplacement. L'équivalence intègre la majoration : 1 heure à +25 % donne 1 h 15 de repos, 1 heure à +50 % donne 1 h 30. Dans ce cas, rien n'est versé sur la paie : ni brut supplémentaire, ni exonération à défiscaliser.
Calculateurs liés
Pour aller plus loin
Calcul indicatif. Pour un calcul précis selon votre convention collective, consultez votre service RH ou votre fiche de paie. Les heures complémentaires (pour les temps partiels) suivent un régime distinct.