TJM freelance 2026 : du taux journalier au revenu net
Estimez votre revenu net à partir de votre TJM, ou faites le calcul inverse : quel taux journalier viser pour atteindre le net que vous voulez. Micro-entreprise (BNC/BIC) ou portage salarial, barèmes 2026.
Réponse rapide
CA annuel = TJM × jours facturés. Puis on retire les charges selon le statut : en micro-entreprise, les cotisations URSSAF (25,6 % en BNC, 21,2 % en BIC) plus l'impôt ; en portage salarial, il reste environ 50 % du CA HT en salaire net.
Une année compte ~218 jours ouvrés, mais un indépendant en facture souvent 200 max après congés, prospection et intercontrats.
Une année compte ~218-220 jours ouvrés, mais après congés, prospection, formation et intercontrats, un indépendant en facture souvent 200 max (140-180 en début d'activité).
Détail des charges
| Cotisations sociales URSSAF25,60 % du CA | 25 114 € |
| CFP (formation professionnelle) | 98 € |
| Impôt sur le revenu (estimé)barème, estimation | 12 528 € |
| Revenu net annuel | 60 361 € |
Micro-entreprise : barèmes URSSAF 2026. L'impôt au barème dépend de tout votre foyer fiscal. Estimation, ne remplace pas votre déclaration.
Du TJM au revenu net : la mécanique
Le taux journalier moyen (TJM) est le tarif HT d'une journée de prestation. Multiplié par le nombre de jours facturés dans l'année, il donne le chiffre d'affaires annuel. De ce CA, on retire ensuite les charges : cotisations sociales, contribution à la formation, et impôt sur le revenu. Ce qui reste est votre revenu net — celui qui tombe vraiment sur votre compte.
Le piège classique : confondre CA et revenu. Un TJM de 500 € ne veut pas dire 500 € dans la poche : en micro BNC, après 25,6 % de cotisations et l'impôt, il reste plus de 60 % du CA, mais en portage il ne reste qu'environ la moitié.
Combien de jours facturer par an
C'est le paramètre le plus sous-estimé. Sur le papier, une année offre 218 à 220 jours ouvrés (260 jours moins les week-ends, environ 25 jours de congés et les jours fériés). Mais un freelance ne facture pas tous ses jours ouvrés : il faut déduire la prospection, la formation, l'administratif, les jours sans mission (intercontrats) et la maladie. En pratique, on facture 140 à 180 jours en début d'activité, et 180 à 200 une fois bien installé. Baser son TJM sur 218 jours quand on n'en facture que 160, c'est se tromper d'environ 27 % sur son revenu prévu.
Micro-entreprise ou portage salarial
En micro-entreprise, vous facturez en direct et payez vos cotisations à l'URSSAF (25,6 % du CA en libéral BNC, 21,2 % en services BIC depuis le 1er janvier 2026), plus l'impôt. Le net est plus élevé, mais vous n'avez ni assurance chômage, ni la protection du salariat, et le régime est plafonné (203 100 € en vente, 83 600 € en services/BNC).
En portage salarial, une société facture le client à votre place et vous reverse un salaire. Elle prélève des frais de gestion (3 à 12 % du CA) et les charges sociales du régime salarié : il vous reste environ 50 % du CA HT en net (le « taux de restitution », observé entre 44 % et 55 %). En échange, vous êtes salarié : chômage, mutuelle, retraite, fiches de paie. Le portage coûte plus cher en charges mais sécurise.
Exemple chiffré : TJM de 400 € en micro BNC, pas à pas
Prenons un développeur freelance en micro-entreprise BNC, célibataire (1 part fiscale, aucun autre revenu), qui facture 400 €/jour sur 180 jours, sans ACRE ni versement libératoire. Voici exactement ce que fait l'outil :
- CA annuel : 400 × 180 = 72 000 €. On reste sous le plafond micro de 83 600 €, pas d'alerte.
- Cotisations URSSAF : 25,6 % × 72 000 = 18 432 €, plus la CFP à 0,1 % soit 72 €. Total URSSAF : 18 504 €. Il reste 53 496 €.
- Base imposable : abattement forfaitaire de 34 % (24 480 €), soit 72 000 moins 24 480 = 47 520 €. Cet abattement ne sert qu'à l'impôt, jamais aux cotisations.
- Impôt au barème 2026 : 0 % jusqu'à 11 600 €, puis 11 % de 11 600 à 29 579 € (17 979 × 0,11 = 1 977,69 €), puis 30 % de 29 579 à 47 520 € (17 941 × 0,30 = 5 382,30 €). Total : 7 421 €. Pas de décote, l'impôt brut dépasse le seuil de 1 982 €.
- Net final : 53 496 moins 7 421 = 46 075 €/an, soit 3 840 €/mois. Les charges totales (25 925 €) représentent 36 % du CA.
Le même CA en portage salarial au taux de restitution par défaut (50 %) donne 36 000 € net, soit 3 000 €/mois : 840 €/mois de moins, en échange du chômage et du statut de salarié. Vous pouvez reproduire chaque ligne à la main et retomber sur les chiffres de l'outil.
Les pièges à éviter
- Croire que l'abattement de 34 % réduit les cotisations. Non : l'URSSAF prélève sur 100 % du CA. Sur 72 000 €, cotiser sur la base abattue donnerait 12 165 € au lieu des 18 432 € réels. C'est l'erreur qui fausse le plus de prévisionnels de freelances.
- Cocher le versement libératoire par réflexe. À 2,2 % du CA en BNC, il se paie dès le premier euro facturé, même quand le barème donnerait 0 € d'impôt (cas d'un célibataire sous environ 36 000 € de CA sans autre revenu). Faites tourner l'outil avec et sans l'option avant d'opter.
- Fixer son TJM sur l'année ACRE. La réduction de 50 % des cotisations ne dure qu'un an. Un TJM calibré sur 12,8 % de cotisations fait perdre 768 €/mois de net en année 2 sur 72 000 € de CA, sans que rien n'ait changé côté client.
- Oublier que le plafond micro se joue au TJM près. Sur 218 jours facturés, tout TJM au-dessus de 383 € dépasse les 83 600 €. Le paradoxe : plus vous facturez de jours, plus votre TJM plafond est bas.
- Comparer le net micro et le net portage à protection égale. Les 36 % de charges micro de l'exemple n'incluent ni chômage, ni retraite de cadre, ni prévoyance. Les 50 % du portage, si. L'écart réel entre les deux statuts est plus faible que la différence brute des deux nets.
Cas particuliers et limites du calcul
L'impôt affiché suppose un foyer type : 1 part fiscale et aucun autre revenu. Si votre conjoint est salarié, votre bénéfice micro s'ajoute à un foyer déjà imposé, souvent directement dans la tranche à 30 % : l'impôt réel sur votre activité peut alors dépasser nettement l'estimation. À l'inverse, des enfants à charge la réduisent.
Le mode inverse arrondit toujours à l'euro supérieur. La relation entre TJM et net n'est pas une simple règle de trois (barème progressif, plancher d'abattement de 305 €), donc l'outil cherche le TJM par approximations successives puis arrondit vers le haut pour ne jamais vous faire sous-facturer. Un TJM cible de 347 € signifie que 346 € ne suffirait pas tout à fait.
Le TJM est un montant hors taxes. Tant que vous êtes en franchise en base de TVA, vous encaissez le montant facturé ; au-delà des seuils de franchise, vous facturez la TVA en plus (neutre pour vos clients professionnels qui la récupèrent, mais avec des obligations déclaratives). Le calcul du net, lui, ne change pas : la TVA collectée n'est jamais un revenu.
En portage, le taux de restitution est une moyenne. Les frais professionnels déclarés (matériel, déplacements) remontent le taux réel, les jours de réserve financière le baissent. Le curseur 40-60 % de l'outil couvre la fourchette observée, mais seule une simulation de votre société de portage donne le chiffre exact.
Questions fréquentes
- C'est quoi le TJM (taux journalier moyen) ?
- Le TJM est le prix HT que facture un freelance pour une journée de travail. C'est la base de la facturation en prestation intellectuelle. CA annuel = TJM × nombre de jours facturés. Exemple : 450 €/jour × 218 jours = 98 100 € de CA HT sur l'année.
- Combien de jours un freelance facture-t-il vraiment par an ?
- Une année compte environ 218 à 220 jours ouvrés (260 jours moins les week-ends, environ 25 jours de congés et les jours fériés). Mais après prospection, formation, administratif et intercontrats, un indépendant en facture rarement autant : souvent 200 jours au maximum une fois installé, et plutôt 140 à 180 jours en début d'activité. Baser son TJM sur 218 jours alors qu'on en facture 160 fait perdre environ 27 % de revenu prévu.
- Quel net pour un TJM de 500 € en micro-entreprise ?
- Avec 500 €/jour sur 218 jours, le CA est de 109 000 € — mais cela dépasse le plafond micro (77 700 €, soit 83 600 € après revalorisation 2026 pour les services/BNC). En restant sous le plafond (par exemple 150 jours = 75 000 € de CA), un libéral BNC paie 25,6 % de cotisations plus l'impôt, pour un net d'environ 4 000 à 4 500 €/mois selon l'impôt. Le simulateur affiche votre cas précis.
- Comment passer du net voulu au TJM (calcul inverse) ?
- Le mode inverse part de votre objectif de net mensuel et remonte au TJM nécessaire, en tenant compte du nombre de jours facturés et des charges du statut. C'est utile pour fixer son tarif : pour 3 000 € net/mois en micro BNC sur 200 jours, il faut viser un TJM d'environ 320 à 360 € selon votre imposition.
- Micro-entreprise ou portage salarial : quelle différence sur le net ?
- En micro-entreprise, vous payez des cotisations URSSAF (25,6 % en BNC, 21,2 % en BIC) sur 100 % du CA, plus l'impôt — le net est plus élevé mais vous n'avez ni chômage ni la protection du salariat. En portage salarial, la société prélève frais de gestion (3 à 12 %) et charges sociales du régime salarié : il vous reste environ 50 % du CA HT en salaire net (taux de restitution observé entre 44 % et 55 %), mais vous gagnez le statut de salarié (chômage, mutuelle, fiches de paie).
- Le calcul micro inclut-il l'impôt sur le revenu ?
- Oui, en option. Le simulateur réutilise les cotisations URSSAF 2026 puis estime l'impôt : soit via le versement libératoire (1 % à 2,2 % du CA selon l'activité), soit au barème. L'impôt au barème dépend de tout votre foyer fiscal, donc le résultat reste une estimation. Les cotisations sociales, elles, sont calculées sur 100 % du CA, jamais après abattement.
- Quel TJM maximum pour rester en micro-entreprise ?
- Divisez le plafond micro services/BNC (83 600 € en 2026) par vos jours facturés. Sur 218 jours, le TJM plafond est de 383 € (218 × 384 = 83 712 €, déjà au-dessus). Sur 200 jours, 418 €. Sur 150 jours, 557 €. Au-delà, le simulateur affiche l'alerte de dépassement : vous basculez vers le régime réel (EI au réel ou société).
- Le versement libératoire est-il toujours intéressant ?
- Non. Un libéral BNC célibataire sans autre revenu ne paie aucun impôt au barème jusqu'à environ 36 000 € de CA (base imposable de 23 760 € après abattement de 34 %, effacée par la tranche à 0 % et la décote). Le versement libératoire, lui, coûte 2,2 % du CA dès le premier euro : 792 € à 36 000 € de CA. Il ne devient rentable que lorsque votre taux moyen d'imposition dépasse ces 2,2 % rapportés au CA, donc plutôt en haut de la tranche à 11 % ou avec un foyer déjà imposé à 30 %.
- L'ACRE change-t-elle le TJM à viser ?
- La première année seulement. L'ACRE divise les cotisations par deux : en BNC, 12,8 % au lieu de 25,6 %. Sur 72 000 € de CA, cela fait 9 216 € de cotisations au lieu de 18 432 €, soit 768 € de net en plus par mois. Piège : si vous fixez votre TJM sur cette année-là, votre net chute mécaniquement d'autant en année 2, à activité identique. Fixez votre tarif sur le taux plein.
Calculateurs liés
Estimation à titre indicatif (barèmes 2026). Le net réel dépend de votre activité, de votre foyer fiscal et, en portage, de votre société et des frais professionnels déclarés. Ne remplace pas une simulation officielle.