Indemnités de remboursement anticipé (IRA) 2026 : calcul
Estimez en quelques secondes l'indemnité que votre banque peut réclamer si vous remboursez votre prêt immobilier par anticipation. Plafond légal, cas d'exonération, total ou partiel.
Réponse rapide
Les indemnités de remboursement anticipé (IRA) d'un prêt immobilier à taux fixe sont plafonnées au plus faible de deux montants : 6 mois d'intérêts sur le capital remboursé, ou 3 % du capital restant dû (art. R313-25 du Code de la consommation).
Exemple : pour 150 000 € remboursés à 3,20 %, l'IRA est limitée à 2 400 € (6 mois d'intérêts), inférieure aux 4 500 € du plafond de 3 %. Aucune indemnité n'est due en cas de vente suite à mutation professionnelle, décès ou perte d'emploi.
Indicatif 2026 : environ 3,20 % sur 20 ans (Observatoire Crédit Logement / CSA).
La loi retient le plus faible des deux plafonds (art. R313-25 du Code de la consommation).
Aucune indemnité dans 3 cas
L'IRA n'est pas due en cas de vente du bien suite à une mutation professionnelle, de décès, ou de cessation forcée de l'activité professionnelle de l'emprunteur ou de son conjoint (art. L313-48, offres émises depuis le 1er juillet 1999).
Voir la formule et les limites
IRA = min( montant remboursé × taux × 6/12 ; capital restant dû × 3 % ). Le contrat peut prévoir une indemnité plus faible, voire nulle, mais jamais supérieure à ce plafond légal.
Ce calcul vise les prêts immobiliers à taux fixe souscrits par un particulier. Pour un taux variable, l'indemnité peut être majorée d'intérêts compensateurs ; les crédits à la consommation suivent des règles distinctes.
Estimation à titre indicatif. Le montant exact figure dans votre offre de prêt ; demandez le décompte chiffré à votre banque (gratuit, art. R313-25).
Comment se calcule une IRA
Quand vous remboursez votre crédit immobilier avant la fin prévue (vente du bien, rentrée d'argent, rachat par une autre banque), votre prêteur perd les intérêts futurs. Pour compenser, il peut facturer une indemnité de remboursement anticipé. Mais la loi l'encadre strictement : elle ne peut jamais dépasser le plus faible de deux plafonds, six mois d'intérêts sur le capital que vous remboursez, ou 3 % du capital restant dû avant l'opération.
Le piège classique : les 6 mois d'intérêts se calculent sur le capital remboursé, pas sur le capital restant dû. Pour un remboursement total, les deux sont identiques ; pour un remboursement partiel, le plafond des 6 mois est mécaniquement plus faible. Dans la majorité des cas, c'est donc ce plafond de 6 mois d'intérêts qui s'applique, et non les 3 %.
Quand l'indemnité tombe à zéro
Trois situations annulent totalement l'IRA, pour les offres de prêt émises depuis le 1er juillet 1999 (art. L313-48) : la vente du bien rendue nécessaire par un changement de lieu d'activité professionnelle de l'emprunteur ou de son conjoint, le décès, et la cessation forcée de l'activité professionnelle (licenciement). Au-delà de ces cas légaux, beaucoup de contrats prévoient déjà une exonération négociée à la signature.
Bon à savoir : la banque doit vous fournir gratuitement, sur simple demande, un décompte chiffré du remboursement anticipé (art. R313-25). C'est le document de référence pour vérifier le montant exact.
Exemple concret : 50 000 € remboursés sur un prêt de 250 000 €
Prenons un remboursement partiel, le cas le plus courant après une rentrée d'argent, avec la reconstitution du capital restant dû que propose le calculateur. Prêt de 250 000 € sur 20 ans à 3,20 %, 60 mensualités déjà payées.
- Mensualité du prêt : M = 250 000 × 0,0026667 / (1 − 1,0026667 puissance −240) = 1 411,66 € par mois, assurance non comprise.
- Capital restant dû après 5 ans : l'outil déroule le tableau d'amortissement mois par mois et s'arrête à la 60e ligne, ce qui donne 201 596 € à l'euro près.
- Premier plafond, six mois d'intérêts sur le capital remboursé : 50 000 × 3,20 % × 6/12 = 800 €.
- Second plafond, 3 % du capital restant dû : 201 596 × 3 % = 6 048 €.
- Indemnité retenue : le plus faible des deux, soit 800 €, ce qui représente 1,60 % de la somme remboursée.
Ce chiffre de 1,60 % n'a rien d'un hasard : c'est la moitié du taux du prêt. Tant que le plafond des six mois s'applique, l'indemnité se calcule de tête en divisant le taux par deux. Au passage, ce même dossier illustre l'intérêt de rembourser tôt : en cinq ans, l'emprunteur a versé 84 700 € de mensualités mais n'a effacé que 48 404 € de capital, les 36 296 € restants étant partis en intérêts.
Les pièges à éviter
- Provisionner 3 % du capital par précaution. Sur le dossier ci-dessus, cela ferait 6 048 € au lieu de 800 €. Le plafond des 3 % ne l'emporte que si la moitié du taux dépasse 3 %, autrement dit sur un prêt à plus de 6 %. Pour un crédit souscrit dans les quinze dernières années, c'est toujours le semestre d'intérêts qui gagne.
- Saisir le TAEG à la place du taux nominal. L'indemnité se calcule sur les intérêts du prêt, assurance exclue. Avec 4,10 % au lieu de 3,20 %, le résultat passe de 800 € à 1 025 € et ne correspondra pas au décompte de la banque.
- Rembourser une somme inférieure à 10 % du capital initial sans vérifier son contrat. L'article L313-47 autorise la banque à refuser un versement partiel jusqu'à ce seuil, calculé sur le montant emprunté à l'origine et non sur le capital restant. Ici, la limite est de 25 000 € : un versement de 20 000 € peut être refusé, un versement de 50 000 € non.
- Croire que l'indemnité résume le coût de l'opération. S'y ajoutent les intérêts courus jusqu'à la date de valeur du remboursement et, en cas de vente avec garantie hypothécaire, les frais de mainlevée réglés au notaire. L'indemnité calculée ici ne couvre que le poste prévu par l'article R313-25.
- Reconstituer le capital restant dû à la louche. Le capital s'amortit lentement au début : entre la 60e et la 61e mensualité, il ne baisse que d'environ 874 €. Se tromper de quelques mois change peu le résultat, mais se tromper d'années fausse le plafond des 3 %. Le chiffre exact figure sur le dernier relevé annuel de votre banque, à privilégier sur toute reconstitution.
Cas particuliers et limites
- Prêt à taux zéro. Six mois d'intérêts à 0 % font zéro euro, et l'indemnité retenue étant la plus faible des deux, elle est nulle. Le PTZ ou un prêt employeur à taux nul ne génère aucune indemnité, quel que soit le capital.
- Montant remboursé supérieur au capital restant. Le calcul le ramène automatiquement au capital restant dû : on ne peut pas rembourser plus que ce que l'on doit, et l'indemnité se calcule alors comme sur un remboursement total.
- Une clause plus favorable prime toujours. Le plafond légal est un maximum, pas un tarif. Beaucoup de contrats prévoient une exonération partielle, par exemple pour un versement annuel limité, ou une suppression pure et simple négociée à la signature. Lisez la clause de remboursement anticipé de votre offre avant de provisionner quoi que ce soit.
- Le décompte de la banque fait foi. L'établissement doit fournir gratuitement un décompte chiffré. Un écart avec l'estimation vient presque toujours de la date de valeur retenue ou du capital restant dû exact, rarement de la formule elle-même, qui est verrouillée par le Code de la consommation.
- Prêts hors périmètre. Le taux variable peut supporter des intérêts compensateurs supplémentaires, et le crédit à la consommation relève d'un autre régime. Dans ces deux cas, le montant affiché ici n'est pas transposable.
Questions fréquentes
- Comment calcule-t-on les indemnités de remboursement anticipé (IRA) ?
- L'IRA d'un prêt immobilier à taux fixe est le plus faible de deux montants : six mois d'intérêts calculés sur le capital remboursé au taux moyen du prêt, et 3 % du capital restant dû avant le remboursement (art. R313-25 du Code de la consommation). Exemple : pour 150 000 € remboursés à 3,20 %, les 6 mois d'intérêts valent 150 000 × 3,20 % × 6/12 = 2 400 €, et les 3 % du capital restant dû valent 4 500 € ; la banque retient donc 2 400 €.
- Quel est le plafond légal des IRA sur un prêt immobilier ?
- Le plafond est fixé par l'article R313-25 : l'indemnité ne peut jamais dépasser un semestre d'intérêts sur le capital remboursé, ni excéder 3 % du capital restant dû avant le remboursement. C'est le plus faible des deux qui s'applique. Le contrat peut prévoir une indemnité plus basse, voire nulle, mais jamais supérieure.
- Dans quels cas n'a-t-on aucune indemnité à payer (mutation, décès, perte d'emploi) ?
- L'article L313-48 du Code de la consommation supprime toute IRA lorsque le remboursement anticipé fait suite à la vente du bien causée par un changement du lieu d'activité professionnelle de l'emprunteur ou de son conjoint, par le décès, ou par la cessation forcée de l'activité professionnelle (licenciement). Cela vaut pour les offres de prêt émises depuis le 1er juillet 1999.
- Les indemnités de remboursement anticipé sont-elles négociables ou supprimables ?
- Oui. Beaucoup d'emprunteurs négocient dès la signature une clause supprimant les IRA, ou les font annuler lors d'un rachat de crédit par une banque concurrente. C'est même un point de négociation courant. La loi fixe seulement un plafond : votre contrat peut prévoir moins, jamais plus.
- La banque peut-elle refuser un remboursement partiel ?
- Oui, dans un seul cas : l'article L313-47 autorise le contrat à refuser un remboursement partiel dont le montant est inférieur ou égal à 10 % du montant initial du prêt (sauf s'il s'agit du solde restant dû). Un remboursement total ne peut jamais être refusé.
- Les IRA s'appliquent-elles à un prêt à taux variable ou à un crédit conso ?
- Ce calculateur vise les prêts immobiliers à taux fixe. Pour un prêt à taux variable, l'indemnité peut être majorée d'intérêts compensateurs (art. R313-25, alinéa 2) et n'est pas couverte ici. Les crédits à la consommation relèvent de règles différentes (art. L312-34) avec des plafonds plus bas, et sont souvent sans indemnité.
- Le plafond de 3 % du capital restant dû sert-il vraiment un jour ?
- Rarement, et la raison est arithmétique. Sur un remboursement total, six mois d'intérêts représentent la moitié du taux annuel appliquée au capital : ce montant ne dépasse 3 % du capital restant dû que si le taux du prêt excède 6 %. Sur un prêt à 3,20 %, l'indemnité vaut donc toujours 1,60 % du capital remboursé, jamais 3 %. Le plafond des 3 % ne devient contraignant que sur les prêts anciens à taux élevé, et jamais sur un remboursement partiel classique.
- Faut-il saisir le taux nominal ou le TAEG ?
- Le taux nominal du prêt, celui qui figure sur le tableau d'amortissement, car l'article R313-25 vise les intérêts du crédit et non le coût total assurance comprise. Saisir un TAEG de 4,10 % à la place d'un taux nominal de 3,20 % gonfle l'indemnité de 800 € à 1 025 € sur un remboursement de 50 000 €, soit 225 € d'écart pour une simple confusion de ligne.
- Quelle indemnité pour un prêt à taux zéro ?
- Aucune, et le calcul le montre : six mois d'intérêts à 0 % font zéro euro, et l'indemnité retenue étant le plus faible des deux plafonds, elle vaut zéro quel que soit le capital restant dû. Saisissez 0 % dans le champ du taux pour le vérifier. Un PTZ remboursé par anticipation ne coûte donc rien en indemnité, ce qui n'empêche pas les éventuels frais de mainlevée de garantie en cas de vente.
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Estimation à titre indicatif (plafonds légaux 2026). Le montant définitif figure dans votre offre de prêt ; il peut être inférieur ou nul selon votre contrat, jamais supérieur au plafond légal. Ne se substitue pas au décompte de votre banque.