C Calculons

Partage des dépenses du couple au prorata des revenus

En finir avec le 50/50 injuste quand les revenus sont déséquilibrés. Saisissez les revenus de chacun et les dépenses communes : l'outil calcule la contribution équitable de chaque personne et compare avec le partage 50/50.

Dépenses communes du foyer
Total dépenses communes
1 660 €
Personne A gagne 59.5 % · Personne B gagne 40.5 %
✨ Partage proportionnel (au prorata des revenus)
Personne A
987 €
reste 1 213 €
Personne B
673 €
reste 827 €
Partage 50/50 (comparaison)
Personne A
830 €
reste 1 370 €
Personne B
830 €
reste 670 €

Le partage au prorata des revenus garantit que chacun garde la même proportion de revenu disponible après dépenses communes — souvent plus juste qu'un 50/50 si les revenus sont déséquilibrés.

Un exemple complet, refaisable à la main

Prenons les valeurs pré-remplies dans l'outil : la personne A gagne 2 200 € net par mois, la personne B 1 500 €. Les dépenses communes s'élèvent à 900 € de loyer, 180 € de charges, 500 € de courses et 80 € d'assurances, soit 1 660 €.

  1. Revenu total du foyer : 2 200 + 1 500 = 3 700 €.
  2. Part de chacun : A représente 2 200 ÷ 3 700 = 59,5 % des revenus, B en représente 40,5 %. C'est exactement la formule appliquée par l'outil : part = revenu personnel ÷ revenu total.
  3. Contribution de A : 1 660 × 0,5946 = 987 €.
  4. Contribution de B : 1 660 × 0,4054 = 673 €. Vérification : 987 + 673 = 1 660 €, le total des dépenses est bien couvert.
  5. Reste à vivre : A garde 2 200 − 987 = 1 213 €, B garde 1 500 − 673 = 827 €.

Le point clé, c'est le taux d'effort : les dépenses communes représentent 1 660 ÷ 3 700 = 44,9 % des revenus du foyer, et chacun consacre exactement ce pourcentage de son propre revenu. A comme B conservent 55,1 % de ce qu'ils gagnent. En 50/50, chacun paierait 830 € : un effort de 37,7 % du revenu pour A, mais de 55,3 % pour B, qui ne garderait que 670 € pour tout le reste (téléphone, vêtements, sorties, épargne). C'est ce déséquilibre de taux d'effort que le prorata corrige.

Les pièges à éviter

  • Glisser des dépenses personnelles dans le pot commun. Un abonnement de sport utilisé par une seule personne ou un crédit auto pour une voiture que l'autre ne conduit jamais n'ont rien à faire dans la liste. Chaque euro personnel ajouté aux dépenses communes fait payer l'autre à hauteur de sa part (59,5 % ou 40,5 % dans l'exemple).
  • Calculer le prorata sur le salaire de base en oubliant les primes. Un 13e mois ou des primes variables faussent la part réelle. Prenez le revenu annuel net divisé par 12 : quelqu'un affiché à 2 200 € par mois mais qui touche un 13e mois gagne en réalité 2 383 € par mois, ce qui déplace sa part de 59,5 % à 61,4 %.
  • Croire que payer plus donne plus de droits sur le logement. Pour un achat immobilier, la répartition de propriété est celle inscrite dans l'acte notarié, pas celle des paiements. Contribuer à 60 % des mensualités d'un bien acheté 50/50 chez le notaire ne crée pas automatiquement 60 % de propriété.
  • Figer les pourcentages pendant des années. Une augmentation, un passage à temps partiel ou une période de chômage changent les parts. Recalculez à chaque changement de situation, ou par défaut une fois par an.
  • Appliquer le prorata au centime sur les petites dépenses. Répartir un ticket de boulangerie à 59,5/40,5 use la relation pour quelques centimes. Le prorata se joue sur les grosses lignes récurrentes (loyer, charges, courses) : les montants affichés par l'outil sont d'ailleurs arrondis à l'euro.

Cas particuliers et limites

Couples mariés et pacsés : la loi utilise déjà le même principe. L'article 214 du Code civil prévoit que les époux contribuent aux charges du mariage « à proportion de leurs facultés respectives », sauf convention contraire. L'article 515-4 pose la même règle pour les partenaires de PACS : l'aide matérielle est proportionnelle aux facultés respectives si le pacte n'en dispose pas autrement. Le partage au prorata n'est donc pas un simple arrangement moderne : c'est la règle légale par défaut pour ces deux statuts.

Écart de revenus extrême. Avec 4 500 € contre 1 200 €, la part du premier monte à 78,9 % : sur 1 660 € de dépenses, il paie 1 310 € et l'autre 350 €. Le calcul reste mécaniquement juste, mais certains couples préfèrent alors plafonner la contribution du plus petit revenu (par exemple à un tiers de son salaire) et laisser le reste au plus gros revenu, ce qui revient à un système hybride entre prorata et égalité des restes.

Le prorata ne gère pas l'épargne commune. L'outil répartit des dépenses, pas la constitution d'un apport ou d'une épargne de couple. Si vous épargnez ensemble pour un projet, décidez séparément si cette épargne suit le même prorata (chacun se constitue une part proportionnelle) ou un autre partage, car en cas de séparation, l'argent épargné appartient à celui qui l'a versé, sauf compte joint où la preuve devient vite compliquée.

Revenus irréguliers (indépendants, intérim). Le calcul sur le revenu du mois en cours fait osciller les parts en permanence. Utilisez la moyenne des 12 derniers mois de revenu net, et refaites le point chaque trimestre plutôt que chaque mois.

Questions fréquentes

Pourquoi partager au prorata plutôt qu'en 50/50 ?
Si Alice gagne 2 500 € et Bob 1 500 €, en 50/50 sur 1 000 € de charges communes : Alice contribue 500 € (reste 2 000 €), Bob contribue 500 € (reste 1 000 €). En prorata : Alice contribue 625 € (reste 1 875 €), Bob 375 € (reste 1 125 €). Le second répartit l'effort de manière proportionnelle aux moyens : chacun garde ~75 % de son revenu personnel.
Quand le 50/50 reste-t-il pertinent ?
Quand les revenus sont équivalents (écart < 20 %), ou quand le couple veut symboliquement matérialiser l'égalité. Aussi pour les sorties non récurrentes (resto, cinéma, cadeaux) où le calcul prorata est plus lourd que le bénéfice.
Et les frais individuels ?
Le prorata ne concerne que les dépenses COMMUNES (loyer, charges, courses partagées, voiture commune). Chaque personne assume ses propres frais (vêtements, sport, sorties personnelles, abonnements perso) sur le reste de son revenu.
C'est légal ce système ?
Oui, c'est totalement libre. Les couples non-mariés (concubinage) sont entièrement libres de leur organisation financière. Pour les pacsés ou mariés, le régime matrimonial peut influencer les choses (séparation de biens, communauté). Mais en pratique, le partage prorata est la solution la plus utilisée dans les couples avec écart de revenus.
Existe-t-il une méthode encore plus redistributive que le prorata ?
Oui : l'égalité des restes à vivre. Chacun contribue de sorte qu'il reste le même montant en euros aux deux. Avec 2 200 € et 1 500 € de revenus pour 1 660 € de dépenses : la personne A paie 1 180 €, la personne B paie 480 €, et il reste 1 020 € à chacun. Comparez : le prorata donne 987 € / 673 € (restes 1 213 € et 827 €). L'égalité des restes gomme totalement l'écart de revenus, ce qui revient à une mise en commun quasi intégrale : à réserver aux couples qui assument ce choix.
Comment traiter les APL ou la prime d'activité dans le calcul ?
Le plus simple : déduire l'aide de la dépense qu'elle finance avant de partager. Une APL de 250 € sur un loyer de 900 € ramène le total des dépenses communes de 1 660 € à 1 410 € ; au prorata 59,5 / 40,5, les contributions passent de 987 € / 673 € à 838 € / 572 €. Ajouter l'aide au revenu de celui qui la perçoit est aussi défendable, mais change les pourcentages et complique le suivi quand le montant de l'aide est recalculé chaque trimestre.
Que faire si l'un des deux n'a aucun revenu ?
Mathématiquement, le prorata donne 100 % des dépenses à celui qui gagne : avec 0 € de revenu pour B, A paie les 1 660 € en entier. C'est le résultat attendu du calcul, pas une anomalie. En pratique, les couples dans cette situation (congé parental, reprise d'études, chômage en fin de droits) basculent souvent vers un compte commun unique, le prorata n'ayant plus d'objet tant que la situation dure.

Calculateurs liés