Calculer mes droits ARE / chômage 2026 — montant et durée d'indemnisation
Estimation de votre Allocation de Retour à l'Emploi (ARE) versée par France Travail (ex-Pôle emploi) : SJR, ARE journalière brute/nette, durée maximale d'indemnisation, dégressivité hauts revenus.
Brut moyen sur les 24 derniers mois (avant cotisations)
Minimum 6 mois (130 jours travaillés) pour ouvrir des droits.
Détermine la durée d'indemnisation maximale
La durée d'indemnisation a été réduite de 25 % en 2023 (sauf 53 ans+). En 2026, durée max 18 mois pour les moins de 53 ans (vs 24 avant), 22,5 mois pour les 53-54 ans, 27 mois pour les 55 ans et +.
Estimation indicative basée sur le règlement d'assurance chômage 2026. Le calcul exact dépend aussi de votre type de contrat, de la cause de fin de contrat, des congés non pris, et peut être affiné par France Travail. Pour une simulation officielle : candidat.francetravail.fr.
Comment ça marche ?
- Salaire Journalier de Référence (SJR) = somme des salaires bruts des 24 derniers mois ÷ nombre de jours travaillés sur la période.
- ARE journalière brute = max(40,4 % × SJR + 12,95 € ; 57 % × SJR), bornée par un plancher (32,13 €) et un plafond (277,18 €), et au maximum 75 % du SJR.
- ARE journalière nette = ARE brute − CSG (6,2 %) − CRDS (0,5 %) − retraite complémentaire (3 %).
- Durée d'indemnisation = durée travaillée, plafonnée selon votre âge (18 mois si moins de 53 ans, 22,5 mois si 53-54 ans, 27 mois si 55+).
- Dégressivité : si brut supérieur à 4 500 €/mois et moins de 55 ans → −30 % à partir du 7ᵉ mois.
Exemples concrets
| Situation | ARE nette/mois | Durée max | Total net |
|---|---|---|---|
| SMIC 1 800 € brut, 12 mois, 30 ans | ~ 1 050 € | 12 mois | ~ 12 600 € |
| 2 500 € brut, 24 mois, 35 ans | ~ 1 470 € | 18 mois | ~ 26 500 € |
| 4 000 € brut, 24 mois, 40 ans | ~ 2 250 € | 18 mois | ~ 40 500 € |
| 6 000 € brut, 24 mois, 45 ans (dégressivité) | ~ 3 100 € → 2 170 € | 18 mois | ~ 47 000 € |
| 2 800 € brut, 30 mois, 56 ans | ~ 1 640 € | 27 mois | ~ 44 200 € |
Exemple concret : refaire le calcul de l'outil à la main
Prenons les valeurs affichées par défaut dans le simulateur ci-dessus : 2 500 € brut par mois, 24 mois travaillés à temps plein (21,67 jours travaillés par mois), 35 ans à la fin du contrat.
- SJR : total brut = 2 500 × 24 = 60 000 €. Jours travaillés = 21,67 × 24 = 520,08. SJR = 60 000 ÷ 520,08 = 115,37 €.
- Les deux formules : formule 1 = 40,4 % × 115,37 + 12,95 = 59,56 €. Formule 2 = 57 % × 115,37 = 65,76 €. On retient la plus élevée : 65,76 €/jour.
- Contrôle des bornes : 65,76 € est bien entre le plancher (32,13 €) et le plafond (277,18 €), et ne dépasse pas 75 % du SJR (86,53 €). Rien à corriger.
- Passage au net : on retire 6,7 % de CSG-CRDS et 3 % de retraite complémentaire, soit un coefficient de 0,903. ARE nette = 65,76 × 0,903 = 59,38 €/jour, soit 59,38 × 30 = 1 781 € par mois.
- Durée : 1 jour travaillé = 1 jour indemnisé, donc 520 jours, sous le plafond des moins de 53 ans (18 mois × 30 = 540 jours). Environ 17 mois.
- Total : 59,38 × 520,08 ≈ 30 883 € nets sur toute la période. C'est exactement ce qu'affiche l'outil.
Détail utile : la formule « 57 % du SJR » gagne dès que le SJR dépasse 78,01 € (c'est le point où 57 % rattrape 40,4 % + 12,95 €), soit environ 1 690 € brut par mois à temps plein. En dessous, c'est la formule avec part fixe qui s'applique : elle avantage mécaniquement les petits salaires.
Pourquoi France Travail peut annoncer moins
Notre outil divise le salaire par les jours travaillés, ce qui donne une borne haute. Depuis le 1ᵉʳ octobre 2021, France Travail divise le total brut par les jours calendaires compris entre le premier jour du premier contrat et le dernier jour du dernier contrat (week-ends et périodes entre deux contrats inclus, ces dernières étant plafonnées), selon la fiche F2064 de service-public.gouv.fr. Plus votre période de référence contient de jours non travaillés (CDD espacés, intérim, temps partiel), plus le SJR officiel descend sous celui de l'outil. À l'inverse, la durée d'indemnisation officielle se compte aussi en jours calendaires, donc elle est souvent plus longue que nos 520 jours. Le tableau d'exemples ci-dessus retient volontairement des ordres de grandeur prudents, plus proches des notifications réelles. Pour le chiffre opposable, seule la simulation France Travail avec vos attestations employeur fait foi.
Les pièges à éviter
- Saisir le net au lieu du brut : le SJR se calcule sur le salaire brut. Entrer 1 950 € net au lieu de 2 500 € brut fait chuter l'estimation d'environ 22 % (1 389 € au lieu de 1 781 € par mois dans notre exemple).
- Croire que 24 mois travaillés donnent 18 mois pleins : dans le modèle de l'outil, 24 mois à 21,67 jours = 520 jours indemnisés, soit environ 17 mois, sous le plafond de 540 jours. Il faut environ 25 mois de travail continu pour saturer le plafond des moins de 53 ans.
- Budgéter sans la dégressivité : à 6 000 € brut et 45 ans, l'ARE nette passe d'environ 4 275 € à 2 993 € par mois dès le 7ᵉ mois (jour 181), soit 1 282 € de moins chaque mois. Beaucoup de cadres calent leur loyer sur le montant des 6 premiers mois.
- Compter sur le plancher de 32,13 € dans tous les cas : il est lui-même limité à 75 % du SJR. Avec un SJR inférieur à 42,84 € (petits temps partiels), l'allocation tombe sous le plancher affiché.
- Se tromper d'âge de référence : les seuils de 53 et 55 ans s'apprécient à la date de fin du contrat de travail, pas à la date d'inscription à France Travail. Finir son contrat à 54 ans et 11 mois donne 22,5 mois maximum, pas 27.
Limites du calcul : quand la formule change de régime
- Très hauts salaires : le SJR est plafonné à environ 486 €/jour (277,18 ÷ 0,57). Au-delà d'environ 10 500 € brut par mois à temps plein, l'ARE reste bloquée à 277,18 €/jour brut : augmenter le salaire saisi ne change plus rien.
- Moins de 6 mois travaillés : aucun droit ouvert, l'outil affiche « pas de droits ». Le seuil est de 6 mois (130 jours ou 910 heures) sur 24 mois, ou 36 mois à partir de 53 ans.
- Reprise d'activité partielle : le cumul ARE + salaire (ARE amputée de 70 % du nouveau brut) n'est pas simulé ici, voir la question dédiée dans la FAQ.
- Régimes particuliers : intermittents du spectacle (annexes 8 et 10), travailleurs frontaliers, expatriés et marins relèvent de règles de calcul spécifiques que cet outil ne couvre pas.
Cas où l'ARE n'est pas versée
- Démission : refus sauf cas légitimes listés (suivre conjoint, démission-reconversion validée par CPIR, harcèlement, etc.).
- Faute lourde : licenciement pour faute lourde permet quand même l'ARE (depuis 2014), seule la faute « volontaire » antérieure peut bloquer.
- Indemnités de rupture supérieures au minimum : différé d'indemnisation (jusqu'à 150 jours pour rupture conventionnelle).
- Reprise d'activité salariée à temps plein : l'ARE est suspendue (mais reprise possible si fin de contrat avant épuisement des droits).
Démarches
- S'inscrire sur candidat.francetravail.fr dès la fin du contrat (idéalement dans les 12 premiers mois).
- Joindre attestation employeur (Cerfa 60-3741), pièce d'identité, RIB, CV.
- Premier entretien dans les 30 jours suivants — actualisation mensuelle obligatoire.
- Premier versement après le délai d'attente (7 jours) + différés liés aux indemnités/congés.
Questions fréquentes
- Comment se calcule l'allocation chômage (ARE) ?
- L'ARE journalière est calculée à partir du Salaire Journalier de Référence (SJR) = total des salaires bruts des 24 derniers mois divisé par le nombre de jours travaillés. L'ARE est ensuite la plus élevée des deux formules : (1) 40,4 % du SJR + 12,95 € fixe, (2) 57 % du SJR. Le résultat est plafonné à 75 % du SJR et borné par un plancher (32,13 €/jour) et un plafond (277,18 €/jour) en 2026.
- Combien de mois faut-il avoir travaillé pour avoir le chômage ?
- Au moins 6 mois (130 jours travaillés ou 910 heures) sur les 24 derniers mois (ou 36 mois si vous avez 53 ans+). Pour les démissions, l'accès au chômage est très restreint sauf cas légitimes (suivre conjoint, démission-reconversion validée, harcèlement reconnu, etc.).
- Combien de temps dure l'indemnisation chômage ?
- Depuis février 2023, la durée d'indemnisation maximale a été réduite de 25 % (sauf si la conjoncture économique se dégrade). En 2026 : 18 mois maximum pour les moins de 53 ans, 22,5 mois pour les 53-54 ans, 27 mois pour les 55 ans et plus. La durée d'indemnisation égale la durée travaillée (1 jour cotisé = 1 jour indemnisé), dans la limite de ces plafonds.
- C'est quoi la dégressivité de l'ARE ?
- Pour les cadres / hauts revenus (plus de 4 500 € brut/mois) et de moins de 55 ans, l'ARE est réduite de 30 % à partir du 7ᵉ mois d'indemnisation. Cette mesure date de 2019. Le but : inciter au retour à l'emploi. Les 55 ans et plus, et les revenus modestes (sous 4 500 € brut), ne sont pas concernés.
- Que représente l'ARE par rapport au salaire net ?
- En général, l'ARE nette représente 60-70 % du salaire net antérieur. Exemple : avec 2 500 € brut mensuel, l'ARE nette est environ 1 470 €, soit ~75 % du net antérieur de ~1 950 €. Le rapport est plus favorable pour les bas salaires (jusqu'à 75-80 %) et moins favorable pour les hauts (50-60 % avec dégressivité).
- L'ARE est-elle imposable ?
- Oui, l'ARE est soumise à l'impôt sur le revenu (case 1AP de la déclaration). Elle est aussi soumise à la CSG (6,2 %), CRDS (0,5 %) et à une cotisation de retraite complémentaire (3 %), déduites automatiquement du brut.
- Que se passe-t-il en cas de reprise d'activité partielle pendant le chômage ?
- Vous pouvez cumuler ARE et salaire d'une activité réduite. France Travail diminue votre ARE de 70 % du nouveau salaire brut, ce qui maintient un revenu total supérieur. La durée d'indemnisation est prolongée à due concurrence (chaque jour non payé en intégralité augmente votre solde de jours indemnisables).
- L'allocation minimum (ASS) après l'ARE, c'est quoi ?
- Une fois l'ARE épuisée, vous pouvez demander l'Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) si vous avez 5 ans d'activité salariée dans les 10 ans avant la fin du dernier contrat. Montant : 18,17 €/jour en 2026 (~545 €/mois). C'est une aide minimale, sous conditions de ressources, financée par l'État (pas l'Unédic).
- Y a-t-il un délai d'attente avant de toucher l'ARE ?
- Oui : 7 jours de délai d'attente systématique + un différé d'indemnisation lié à vos congés payés non pris (1 jour différé pour ~3 jours de congés non pris) + un différé spécifique si indemnités de rupture supérieures au minimum légal (max 75 jours pour licenciement, 150 jours pour rupture conventionnelle). Total possible : jusqu'à 5 mois d'attente avant le 1ᵉʳ versement.
- Quel montant de chômage pour un salaire de 2 000 € brut ?
- Avec 2 000 € brut constants sur 24 mois à temps plein, le SJR ressort à 92,29 € (48 000 € ÷ 520 jours travaillés). L'ARE journalière brute vaut 57 % × 92,29 = 52,61 €, soit 47,50 € nets après les 9,7 % de prélèvements, environ 1 425 € nets par mois. C'est une borne haute : le calcul officiel de France Travail, en jours calendaires, peut donner moins.
- Quel est le montant maximum de l'allocation chômage en 2026 ?
- L'ARE journalière brute est plafonnée à 277,18 €/jour en 2026, soit environ 8 315 € bruts par mois (sur 30 jours) et environ 7 509 € nets après CSG, CRDS et retraite complémentaire. Ce plafond est atteint quand le SJR dépasse environ 486 €/jour, c'est-à-dire au-delà d'environ 10 500 € de salaire brut mensuel à temps plein. La dégressivité de 30 % s'applique en plus à partir du 7ᵉ mois pour les moins de 55 ans.
- A-t-on droit au chômage après une rupture conventionnelle ?
- Oui. La rupture conventionnelle est une privation involontaire d'emploi : elle ouvre droit à l'ARE dans les mêmes conditions qu'un licenciement (6 mois travaillés minimum sur 24 mois). Attention au différé spécifique : si votre indemnité de rupture dépasse le minimum légal, le 1ᵉʳ versement peut être repoussé jusqu'à 150 jours (contre 75 jours maximum pour un licenciement), en plus des 7 jours de délai d'attente.
Calculateurs liés
- Salaire brut → net
- Indemnité de licenciement
- Aides CAF (RSA, prime activité, APL)
- Impôt sur le revenu 2026
⚠️ Estimation indicative. Le calcul exact dépend de votre type de contrat, du motif de fin de contrat, des congés non pris, et des conventions collectives. Pour une simulation officielle : candidat.francetravail.fr.